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Le développement des éoliennes de plus en plus contesté

La loi de programmation pluriannuelle de l’énergie prévoit un doublement des capacités de production électrique avec des éoliennes. Pas du goût de tous les habitants des territoires ruraux. Un groupe de travail sur leur répartition a été lancé par Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État à la Transition écologique.

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Le parc éolien de Caurel, dans les Côtes-d’Armor. | OUEST-FRANCE

La production des éoliennes s’appuie sur une énergie inépuisable : le vent. À l’heure de la lutte contre le changement climatique et de la mise en place d’une économie décarbonée, ces énergies ont tout pour séduire.

Et pourtant, elles se heurtent à une opposition qui va croissant dans certains territoires. Le sujet est devenu clivant. Lors d’un déplacement à Pau le 14 janvier 2020, le président de la République a pris acte du divorce qui s’installe.” « La capacité à développer massivement de l’éolien est réduite. Le consensus autour de l’éolien est en train de nettement s’affaiblir dans notre pays”, a reconnu Emmanuel Macron.

« Contre les excès »

Dans les Hauts de France, Guy Bricout, député UDI du Nord dénonce leur trop grande concentration. “1 500 éoliennes sont déjà en place dans ma région, 800 ont été autorisées et non encore construites et 733 projets sont en cours d’instruction. C’est fou”, a-t-il tonné au mois de décembre à l’Assemblée Nationale.

Dominique Bussereau proteste de son côté contre le projet d’une ferme de quarante éoliennes qui culmineront entre 150 et 200 mètres de hauteur dans l’estuaire de la Gironde. “Nous ne sommes pas contre les éoliennes mais contre les excès”, explique le président du département de Charente-Maritime.

La loi de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) prévoit de doubler les capacités de production éolienne et de les faire passer de 15 GW aujourd’hui à 35 GW en 2028. Ceci implique un quasi-doublement du parc qui devrait passer de 8 000 éoliennes aujourd’hui à près de 15 000.

Impact sur le paysage

La question de l’acceptabilité est bien posée. Au moins dans une partie de l’opinion. La France, première destination mondiale pour les touristes est-elle en train de sacrifier ses plus beaux paysages pour sauver le climat ? Le débat est ouvert.

Dans un livre à charge, Fabien Bouglé (Éoliennes, la face noire de la transition écologique, aux éditions du Rocher) quitte à forcer le trait, n’hésite pas à parler de “la face noire de la transition énergétique” à propos des éoliennes. “Il faut limiter l’impact de nos filières sur le paysage et le patrimoine”, a reconnu Jean-Bernard Lévy, le président d’EDF lors du colloque sur les énergies renouvelables qui s’est tenu à Paris jeudi. “Cela implique de prendre en compte la gestion de fin de vie des exploitations et de prévoir le démantèlement ainsi que la remis en état des sols »,” a-t-il promis.

Débat budgétaire

Mais Xavier Batut, député de Seine-Maritime qui vient de claquer la porte de La République en marche n’a pas réussi, au mois de décembre à faire passer un amendement pour imposer des règles de recyclage.

Le débat est aussi budgétaire. Dans un rapport très critique, Julien Aubert, député LR et président de la commission d’enquête sur les énergies renouvelables, s’inquiète du coût pour les finances publiques. D’ici à 2028, la facture pourrait être comprise entre 72 et 90 milliards d’euros pour assurer au maximum 15 % de la production électrique, analyse le député.

Un groupe de travail

Mieux répartir les installations sur les territoires avec un système de bonus-malus, associer les riverains y compris avec du financement participatif… Au mois de décembre, Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire a annoncé la création d’un groupe de travail sur le développement équilibré de l’énergie éolienne. Mais le débat est aussi économique. Le coût des énergies renouvelables ne cesse de baisser et les rend de plus en plus compétitives. “Si le général de Gaulle était aujourd’hui au pouvoir, il serait favorable aux énergies renouvelables”, estime Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France.