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Éolien: une culture du silence et de l'ignorance [Wind energy: a culture of silence and ignorance]  

[“The wind is free! It’s like Duplessis providing iron for the Côte-Nord at a penny a ton!”]

«On donne le vent! C’est comme Duplessis qui donnait le fer de la Côte-Nord une cenne la tonne!»

Pour Roméo Bouchard, fondateur de l’Union paysanne et ancien directeur du collectif Pour qui souffle le vent, Québec a choisi «un modèle de colonisés» en confiant au secteur privé l’exploitation de l’énergie éolienne.

Hydro-Québec a construit les barrages. Mais elle ne construira pas de parcs éoliens. C’est le privé qui va le faire. Et c’est donc le privé qui va récolter des profits importants, confirme l’économiste Gabriel Sainte-Marie, de la chaire d’études socio-économiques de l’UQAM. En 20 ans, une éolienne dégage des revenus annuels de 400 000$.

À défaut de miser sur les profits, que fait Québec pour encadrer le Klondike du vent? Pas grand-chose. L’enquête de La Presse montre que le gouvernement Charest n’a jamais sérieusement étudié les impacts potentiels de l’exploitation éolienne sur la santé humaine et l’industrie touristique, par exemple.

Et les citoyens se plaignent d’être laissés à eux-mêmes. «Les promoteurs entrent dans une région à toute vitesse avec des valises noires pleines d’argent. Ils offrent des redevances. Mais ni les agriculteurs ni les élus ne comprennent les mécanismes. Ils ne savent pas ce qu’ils signent. Et ils signent souvent n’importe quoi», constate Jean-Louis Chaumel, prof à l’Université du Québec à Rimouski et spécialiste de l’exploitation éolienne.

En Gaspésie, Mireille Blouin empoche des milliers de dollars chaque année depuis que les pales de 11 éoliennes tournent sur son terrain. «Je prenais ma retraite, c’était de l’argent qui tombait du ciel, explique-t-elle aujourd’hui. Mais j’étais ignorante de tout. On n’avait pas beaucoup d’information. Mon conseil: prenez un avocat avant de signer un contrat! C’est complexe. On m’avait promis que les sommes d’argent augmenteraient. Ce n’était pas vrai.»

Devant les promoteurs du vent, qui gèrent des centaines de millions de dollars, les propriétaires terriens visés par les projets de parcs éoliens sont démunis. Idem pour les élus locaux, qui administrent souvent des budgets municipaux inférieurs à la valeur d’une seule éolienne.

Et Québec n’a posé aucune balise solide pour encadrer les relations entre les promoteurs et leurs interlocuteurs.

Le directeur général d’une MRC visée par un projet éolien, qui a requis l’anonymat afin de pouvoir parler franchement, est amer. Chaque MRC, dit-il, a dû se dépatouiller avec les promoteurs du vent, commander ses propres études, agir à tâtons. Or, peste ce DG, les promoteurs possèdent toute l’information dans un domaine éminemment complexe, le secteur énergétique. «Chaque MRC négocie dans l’ignorance de ce qui se fait ailleurs. On doit embaucher nos propres consultants.»

Symbole du laisser-faire gouvernemental: en février dernier, le ministère des Affaires municipales a publié un guide destiné aux MRC, pour les épauler dans leurs relations avec les promoteurs éoliens. Le hic? Le guide a été publié plus d’un an après le lancement de l’appel d’offres d’Hydro-Québec, alors que les MRC étaient déjà largement engagées dans des négociations!

Cachotteries des promoteurs

En Montérégie, les opposants au parc éolien de Stanbridge Station reprochent aux promoteurs qui rêvent d’ériger des tours géantes dans leur paysage un certain flou artistique dans la divulgation de l’information.

En mai, La Presse a assisté à un conseil municipal mouvementé au petit hôtel de ville de Notre-Dame-de-Stanbridge, où S.M. International veut ériger des éoliennes.

Ce soir-là, la cible préférée des villageois opposés au projet s’appelait Édouard Raymond. M. Raymond est conseiller municipal à Stanbridge Station. Il est aussi le porte-parole désigné par les trois municipalités – les autres étant Pike River et Canton de Bedford – visées par le projet de S.M. International.

Ce pauvre M. Raymond voulait bien donner des renseignements. Mais il n’en avait pas. Redevances versées aux municipalités? Impacts environnementaux? Processus décisionnel? M. Raymond s’en remettait à la MRC de Brome-Missisquoi, «ces instances plus hautes que nous, qui font des études».

Devant ces réponses candidement floues, un citoyen s’est levé, il a interpellé les élus par leurs noms. «Je ne parle pas aux conseillers, là. Je parle aux personnes. C’est vrai que la valeur de nos maisons va baisser si un parc éolien est installé?»

Silence dans la salle. Finalement, le maire de Stanbridge, Lucien Messier, a réagi, très neutre: «Moi, je me prononce pas.»

Les opposants, dans la salle, étaient galvanisés par ce manque d’information de la part de leurs élus. Pour eux, c’est clair, les élus ne veulent pas savoir, au fond. Ils sont uniquement intéressés par les redevances promises par S.M. International.

Le promoteur du projet, l’ancien ministre de l’Environnement David Cliche, a refusé d’accorder une entrevue à La Presse au printemps dernier. Quand son projet a reçu le sceau d’approbation de la MRC de Brome-Missisquoi, il y a quelques jours, il s’est contenté de manifester sa joie.

Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, analysant un projet de parc éolien de SkyPower à Rivière-du-Loup, a maintes fois dénoncé le secret entourant les négociations entre cette entreprise et les agriculteurs. «Par conséquent, les municipalités et les MRC, n’étant pas partie prenante (…), se retrouvent trop souvent devant un fait accompli…»

Cette opacité est dénoncée partout où des promoteurs veulent faire de l’électricité avec du vent. Dans l’État de New York, Calvin Luther Martin consacre sa retraite à pourfendre les entreprise d’énergie éolienne. Leurs tactiques, dit cet ex-prof d’histoire à l’université Rutgers, sont les mêmes partout dans le monde: «Ils commencent par aller voir les fermiers, un par un. Ensuite, avec ces gens à qui ils promettent de l’argent, ils se présentent devant les élus…»

Le conseiller municipal Édouard Raymond ne connaît pas Martin. Mais ce qu’il a dit à La Presse, au printemps, fait écho aux propos de l’Américain: «On met de la pression pour avoir d’autres rencontres avec le promoteur. Ça fait un an et demi qu’il négocie avec les agriculteurs. Nous, on a eu une réunion, où il nous a fait une seule offre. C’est pas une négociation, ça! Il sait très bien qu’on ne va pas juste prendre ce qu’il offre.»

Quand on raconte ces intrigues à Robert Vincent, patron de 3Ci Énergie éolienne, une firme québécoise, il soupire. «Nous, on passe par les élus, d’abord et avant tout, assure-t-il. On les veut comme partenaires. S’ils disent non, on s’en va. On ne fait pas signer des contrats sans aller voir les élus. C’est insultant, pour eux, de découvrir qu’un projet éolien est en marche à leur insu.»

La plupart des promoteurs n’aiment pas parler de leurs projets. La Presse a eu toutes les difficultés du monde à faire confirmer par des entreprises l’existence de projets pourtant connus. La concurrence est féroce. Et les contrats entre agriculteurs et promoteurs restent secrets pour toujours. Même quand le parc est construit.

C’est la même asymétrie de l’information qu’à l’époque de l’exploitation des mines, juge l’économiste Gabriel Sainte-Marie, de la chaire d’études socio-économiques de l’UQAM, qui est en faveur de la nationalisation de l’exploitation éolienne. «Les promoteurs possèdent l’info. Pas les gens, pas le milieu.»

Hydro-Québec prévoit que, d’ici à 2015, environ 2200 éoliennes seront érigées sur le territoire québécois.

Pour bien du monde, c’est beaucoup. «Quand ça va être installé, dit le producteur laitier gaspésien Yves Boulay, qui a refusé de laisser Northland Power installer des éoliennes chez lui, il va être trop tard pour changer d’idée, pour dire: On aurait dû y aller plus mollo.»

Le samedi 01 septembre 2007

Patrick Lagacé

La Presse

cyberpresse.ca

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