Une pétition réclamant un moratoire relance le débat sur les éoliennes
[A petition calling for a moratorium revives the debate over wind turbines]
Une association de citoyens a lancé samedi 1er août une pétition nationale sur Internet pour réclamer un moratoire de dix ans sur l’installation de nouvelles éoliennes dans le paysage français.
[A group of citizens launched a national petition on the internet Saturday, August 1, calling for a 10-year moratorium on the installation of new wind turbines in the French countryside.]
« Même si on construisait 15 000 éoliennes d’ici à 2020, on ne couvrirait que 10 % des besoins électriques du pays. »
Est-on en train d’assister à la montée d’une vague d’opposition contre les éoliennes en France ? Le mouvement de contestation, qui a pris de l’ampleur ce week-end avec le lancement d’une pétition nationale sur Internet et une manifestation d’une centaine de personnes sur le mont Gerbier-de-Jonc (Ardèche), pourrait le laisser penser.
Un groupe de citoyens emmené par Yves Vérilhac, ancien directeur du parc naturel des Monts d’Ardèche, à l’origine de cette initiative, entend s’opposer à la construction de nouvelles éoliennes.
« L’industrie éolienne installe ces aérogénérateurs de façon anarchique, en mitant le paysage, en saucissonnant les projets, bref en contradiction avec le développement durable et les lois de l’urbanisme, explique celui qui est aussi ancien directeur de la Frapna, une association écologique de la région Rhône-Alpes. Selon un rapport de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, certaines de ces machines tuent jusqu’à une trentaine d’oiseaux migrateurs par an et, en plus, elles ont un rendement énergétique faible du fait qu’elles ne produisent de l’électricité qu’entre 20 et 30 % du temps. Même si on construisait 15 000 éoliennes d’ici à 2020, on ne couvrirait que 10 % des besoins électriques du pays, ce qui ne constitue pas une alternative au nucléaire, ni aux centrales thermiques. »
Une concertation à l’avenir
Yves Vérilhac se revendique toutefois toujours écologiste, antinucléaire, et affirme ne pas être en accord avec le mouvement anti-éolien soutenu par Valéry Giscard d’Estaing et Marcel Boiteux, l’ancien directeur d’EDF.
En outre, il existe d’autres associations qui s’opposent à l’installation d’éoliennes, notamment dans le Finistère, en Alsace, en Seine-Maritime. La pétition a été lancée en Ardèche, où elle rassemble 1 200 signatures dont celles de l’agriculteur biologique Pierre Rabhi, du paysagiste Gilles Clément, du géographe Jean-Robert Pitte, du chef trois étoiles Régis Marcon ou encore de l’humoriste Yves Lecoq.
Face à cette initiative, le gouvernement entend calmer le débat. « Il n’est pas étonnant qu’il y ait des critiques, mais on s’en tient à l’objectif du Grenelle de l’environnement selon lequel, à l’horizon 2020, 23 % de l’énergie (électricité et chaleur) consommée devra provenir des énergies renouvelables, explique Pierre-Franck Chevet, directeur général énergie-climat au ministère de l’écologie. Ce qui signifie de passer de 1 500 éoliennes actuellement en activité à 8 000 en 2020. Mais leurs questions appellent des réponses. »
Ainsi est-on en train d’améliorer les procédures en vigueur dans les régions ventées – zones de développement de l’éolien – afin que le choix de l’emplacement des éoliennes, de leur hauteur, et de leur nombre soit décidé en concertation avec les élus locaux.
Une atteinte au paysage
En outre, le projet de loi Grenelle 2 de l’environnement prévoit de mettre en place une nouvelle procédure dite « installation classée ». Existant déjà pour l’implantation d’une usine ou d’une casse automobile, cette procédure vise à protéger l’environnement et le paysage. En cas de litiges, le préfet pourra édicter des règles particulières. Quant au coût, « avec environ 85 €/mégawattheure, l’éolien est la moins chère des énergies renouvelables, devant la biomasse puis le photovoltaïque », insiste Pierre-Franck Chevet.
Les groupes de défense de l’environnement semblent plutôt perplexes face à la pétition. « On peut comprendre que, localement, pour différentes raisons dont certaines peu transparentes, des associations s’opposent à l’implantation d’un champ d’éoliennes en un endroit précis, indique Christian Garnier, l’un des vice-présidents de France Nature Environnement. Mais pour nous il n’est pas question de signer ce moratoire. »
Yves Vérilhac, lui, ne décolère pas : « L’éolien actuel ne respecte pas les paysages façonnés pendant des siècles par l’homme, estime-t-il. Même les défenseurs de l’environnement n’ont pas de culture du paysage. »
Denis SERGENT
03/08/2009
[Pour signer cette demande de moratoire : http://moratoire-eolien.fr/]
Tags: Wind power, Wind energy
Some possibly related stories:
- Vent de colère contre l'installation de parcs éoliens
- Journées du patrimoine: en grêve pour protester contre des éoliennes
- Marche anti-éoliennes: modeste mobilisation au Mont
- Les anti-éoliennes se font entendre à La Rochelle
- «Touche pas à Mont-Saint-Michel»: les éoliennes menacent
- USA: un parc éolien géant d’EDF EN menacé, sur fond de chute de la demande
The copyright of this article is owned by the author or publisher indicated. Its availability here constitutes a "fair use" as provided for in section 107 of the U.S. Copyright Law as well as in similar "fair dealing" exceptions of the copyright laws of other nations, as part of National Wind Watch's effort to advance understanding of the environmental, social, scientific, and economic issues of large-scale wind power development. For more information, click here.



