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Vent de fronde sur l'éolien

Le projet de loi sur la mise en oeuvre du Grenelle de l’environnement sera examiné à partir du 6 octobre. Celui-ci prévoit une augmentation historique du nombre d’éoliennes en France. Les anti-éoliens se mobilisent. Réunis en collectif, ils manifestent à Paris samedi.

[Scroll down for English translation by National Wind Watch]

« Trop c’est trop. Moi je ne vois plus que ça. Les paysages, il y en a beaucoup qui les oublient juste pour de l’argent. Car, c’est juteux vous savez… » Agriculteur à Canlers, près de Fruges, dans le Pas-de-Calais, notre homme est un anti. Entendez un anti-éolien. Car ici la population se divise en deux : les pour et les contre. On est forcément dans l’un des deux camps. Forcément. Car les éoliennes, au sommet de toutes les crêtes, dans tous les couloirs venteux, dans ce canton de Fruges, on n’y échappe pas.

L’éolien est ici au coeur de tous les espoirs, de toutes les inquiétudes aussi.

Et en ce moment, l’inquiétude a le vent en poupe, si l’on peut dire. Le Pas-de-Calais est le deuxième gisement éolien de France en termes de qualité de vent. Un département qui suscite donc tout l’intérêt des opérateurs, industriels et exploitants de sites.

Or, dans le cadre du Grenelle de l’environnement, le gouvernement entend passer de 3 577 mégawatts (MW) de puissance éolienne installée aujourd’hui à 25 000 MW en 2020. Le nombre d’éoliennes grimperait de près de 2 500 à plus de 10 000 en une douzaine d’années. Prometteur pour le Pas-de-Calais.

Ces ambitions nourrissent les craintes des anti-éoliens de tous bords : il y a les écolos ultras pour qui le fait même de construire une éolienne est anti-écologique il y a encore les conservateurs hurlant aux loups dès qu’une éolienne s’approche d’un peu trop près d’un site historique ou paysager.

Mais surtout il y a d’innombrables associations de riverains — dont le nombre est proportionnel à celui des projets en cours, donc croissant — qui refusent des engins dont on conteste aujourd’hui de plus en plus la véritable efficacité écologique et économique.

L’éolien, une imposture ?

« Le développement de l’éolien est tout simplement une imposture ! », dénonce Jean-Louis Butré, président de la Fédération de l’environnement durable (FED), qui vient de réaliser une étude concluant à l’échec de l’éolien en Europe.

« L’éolien est devenu une affaire d’argent. On a à la fois des industriels qui veulent vendre des machines, des exploitants qui spéculent en revendant des permis de construire aux géants de l’énergie et des particuliers et élus appâtés par les revenus promis. Et tout ça pour des éoliennes qui ne tournent qu’un quart du temps. Il faut arrêter ce cirque ! » Pour Jean-Louis Butré, qui ne mâche pas ses mots, l’éolien est une « escroquerie nationale où l’ADEME a un rôle scandaleux ». Les victimes sont les riverains, dont les paysages sont défigurés, et les consommateurs d’électricité qui paient le surcoût de l’éolien dans leurs factures.

« Le développement programmé de l’éolien va coûter 2,5 milliards d’euros au contribuable, de quoi engraisser les spéculateurs alors que ça pourrait payer un an de fonctionnement du CNRS pour trouver d’autres sources d’énergies ! », assure-t-il.

« Il ne faut pas confondre le renouvelable et le gratuit. Le vent est gratuit, l’énergie éolienne ne l’est pas », renchérit Kléber Rossillon, président de la Fédération des associations de sauvegarde des sites et monuments. Lui aussi est parti en guerre contre l’éolien. Son combat ? La préservation des paysages. « Nous obtenons un grand nombre de victoires : des permis de construire refusés en nombre, des promoteurs qui renoncent. Notre combat d’aujourd’hui, c’est l’annulation du volet éolien du Grenelle de l’environnement. Notre combat de demain, ce sera le démantèlement ! ».

mercredi 01.10.2008

PAR CHRISTIAN CANIVEZ

lavoixdunord.fr

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Blowing against the wind

The bill on the work of the Grenelle de l’environnement will be considered starting October 6. This provides an historic increase in the number of wind turbines in France. The anti-windies are mobilizing. Together in a collective, they are demonstrating in Paris Saturday.

“Enough is enough. I do not see anything more than that. Landscapes, there are many who can forget them just for money. Because, you know, it’s juicy …” A farmer in Canlers, near Fruges, in Pas-de-Calais, our man is an anti. Hear an anti-windy. Because here the population is divided in two: the pros and the cons. Everyone is necessarily in one of the two camps. Necessarily. Because wind turbines, on top of all the ridgelines, in all the windy corridors, in the canton of Fruges, you can’t escape them.

Wind energy here is at the heart of all the hopes, of all the concerns as well.

And right now, the concern has the wind in its sails, so to speak. Pas-de-Calais is the second wind energy resource in France in terms of quality of wind. A department that rouses therefore the interest of operators, manufacturers, and developers of sites.

However, in the framework of the Grenelle de l’environnement, the government intends to move from 3,577 megawatts (MW) of wind power installed today to 25,000 MW in 2020. The number of wind turbines would grow rise from nearly 2,500 to more than 10,000 in a dozen years. Promising for Pas-de-Calais.

These ambitions feed the fears of anti-windies from all sides: there are ultra-greens for whom the very fact of constructing a wind turbine is anti-ecologic and there are also conservatives crying wolf wind whenever a wind turbine comes a little too close to an historic site or landscape.

But above all there are countless residents associations — whose number is proportional to that of ongoing projects, thus increasing — who refuse the devices which today they question more and more their true ecological and economic efficiency.

Wind energy, a sham?

“The development of wind energy is simply a sham!” Denounces Jean-Louis Butré, president of the Fédération de l’environnement durable (Sustainable Environment Federation), which has just completed a study showing the failure of wind power in Europe.

“The wind has become a matter of money. It has both manufacturers who want to sell machinery, developers who speculate by selling permits to build to big energy, and individuals and elected officials lured by promised revenues. And all this for wind turbines that [generate] only a quarter of the time. We must stop this circus!” For Jean-Louis Butré, who does not mince words, the wind is a “national fraud where ADEME has a scandalous role.” The victims are local residents, whose landscapes are disfigured, and electricity consumers, who pay the higher cost of wind in their bills.

“The planned development of wind power will cost the taxpayer 2.5 billion euros, to fatten speculators when it could pay for one year of operation for the CNRS to find alternative sources of energy!” Butré insists.

“We must not confuse renewable and free. The wind is free, wind energy is not,” adds Kléber Rossillon, president of the Fédération des associations de sauvegarde des sites et monuments (Federation of Associations for the Protection of Sites and Monuments). He too has gone to war against wind energy. His fight? The preservation of landscapes. “We obtain many victories: numbers of building permits declined, promoters who give up. Our fight today is the cancellation of the Grenelle de l’environnement wind energy paper. Our battle tomorrow will be the dismantling!”

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Tags: Wind power, Wind energy

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